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Au Nord d’Aix-en-Provence,
sur le plateau de Puyricard,
blotti entre la route de Rognes
et celle d’Avignon,
le Domaine du Grand Saint-Jean
s’étend sur deux cent quarante hectares.
Il constitue l’un de plus remarquables
patrimoines architecturaux et paysagers
de la ville d’Aix-en-Provence.
Terres cultivées, nature sauvage, espaces verts,
chapelle romane, château et
bergerie se côtoient.
Les locaux du CPIE du Pays d’Aix
y sont installés depuis 2001.



Le Domaine du Grand Saint-Jean :
un peu d’histoire…
L’histoire du terroir du Grand Saint-Jean remonte aux Salyens, la plus importante des tribus gauloises qui, avant l’invasion romaine, avaient là une de leurs étapes et un oratoire.

Les Salyens faisaient le commerce du sel et le transportaient de l’étang de Berre jusqu’aux Alpes. Cette route du sel passait à Saint-Jean qui, avec ses sources abondantes, constituait une halte privilégiée avant de passer la chaîne de la Trévaresse, près de Rognes.


A l’époque romaine, un temple dédié à Mercure, dieu du commerce dans la mythologie romaine, remplace l’oratoire salyen. Une petite agglomération composée de fermes voit le jour.

L’histoire du site reste peu connue quant aux sept siècles qui suivent. En effet, ils nous restent guerre de vestiges de cette époque, fortement marquée par les raids des Sarrasins qui ont détruit la quasi-totalité du site, exception faite de la chapelle fortifiée.

En début du XIIè siècle, les princes de la Maison des Baux, bienfaiteurs de l’église et soucieux du renouveau spirituel de la région, soutiennent différents ordres monastiques, comme les Bénédictins. Une de leur communauté, installée à l’Abbaye Mont Majour près d’Arles, établit un prieuré à Saint-Jean qui se maintient jusqu’au milieu du XVème siècle sur une surface de près de 6 000 hectares. Le temple romain est détruit et les matériaux réutilisés pour la construction de la chapelle romane actuelle consacrée à Saint Jean-Baptiste.

Au XVIè siècle, le domaine est érigé en fief au profit de la famille d’Estienne dont François Estienne était président du parlement d’Aix-en-Provence. D’importants travaux sont entrepris. Antoine Laurent et Esprit Boyer, maîtres maçons aixois, proposent des transformations de l’ancien manoir féodal, qui répondent mieux aux besoins de faste d’une famille appartenant à la noblesse nouvelle. Le château actuel est le témoin de cette époque.

Au XVIIè siècle, alors que le domaine est devenu propriété de la famille Martiny, il se dote des premiers jardins à la française. Les archives racontent les haltes de Louis XIII et Louis XIV …

Au XIXè siècle, la famille Martiny, alors sans fortune, vend le domaine à Ludovic d’Estienne. Les transformations effectuées, encore visibles aujourd’hui, sont surtout les grandes allées de platanes.
Le 11 juin 1909 un tremblement de terre, d’une magnitude de 5 à 6,2 sur l’échelle de Richter, endommage gravement le château. Le toit et les planchers s’effondrent.
En 1917, sans moyens pour entretenir le domaine Blanche, la fille de Ludovic d’Estienne de Saint-Jean, lègue la propriété à la ville d’Aix-en-Provence tout en désignant quatre usufruitiers.
En 1990, la ville devient propriétaire de plein droit.
Le Domaine comprend alors, sur 240 hectares, un ensemble bâti, paysager et fonctionnel.

Si sauvegarder le patrimoine c’est aussi sauvegarder le cadre qui l’entoure, l’environnement est, lui aussi, un patrimoine qui, jour après jour, s’entretient et se préserve. En 1999, la Ville d’Aix-en-Provence confie au CPIE du Pays d’Aix la gestion du projet de remise en état du Domaine. Première phase de réhabilitation : d’importants travaux de débroussaillage et de jardinage. Viennent ensuite des travaux de viabilisation et des restaurations du bâti par tranches. Aménagés pour accueillir les locaux du CPIE du Pays d’Aix et la Base Nature (clic lien), les dépendances reprennent vie en 2001, avec l’installation du CPIE du Pays d’Aix. Le château proprement dit attend une complète restauration. Des mesures d’urgences ont été prises, évitant un délabrement total.

Depuis 1999, le Grand Saint-Jean prête son décor au Festival Art lyrique d’Aix-en-Provence.
Dans la cour d’honneur, la structure installée chaque année, peut accueillir près de 1000 personnes.